J’entreprends de boire une bouteille de vin.
Avec des cachets s’entend.
On se fout de ma gueule.
Ravale ta fausse lucidité d’esprit.
C’est pas ça, une fois de plus.
C’est jamais ça, tu le sais bien.
Et le reste non plus d’ailleurs.
Don Quichotte à l’envers.
?
Trou noir troublant.
Le calme plat revient déjà.
Repos artificiel haïs mais nécessaire à la survie
Je suis un moulin à vent invisible
Aucune vision apaisante ne vient faire diversion
Je me suis échappée de ce lieu de travail
La fièvre a parlé pour moi
Pour rejoindre ma grotte
Je ne retournerais plus nulle part
A cet instant, j’ai tout perdu
Et il n’y a plus rien à comprendre
Je me laisse couler
Marre de surnager
Le radeau est médusé
Je pleure comme si j’avais perdu un être cher
Et c’est sûrement le cas
Processus de déréalisation poussé au maximum
Noyée dans la fièvre qui pousse en gerbes hurlantes et délirantes
Marche hasardeuse dans la ville
Je le vois que vous êtes tous à bout
Que vos rêves sont plus que jamais des rêves
Confus, honteux, hachés, malades et décharnés
Métro Buchenwald
J’ai tord, je me trompe
J’ai envie de rire
J’évite, ce serait pire
Vous offrir des bombes
Pour vous ou vos amis
A utiliser quand bon vous semblera
Je ne veux pas vous forcer la main
Deux fois, ce mois-ci
Et c’est toi qui me raconte ça au téléphone
Deux fois, ce mois-ci
Des hommes ont tué leur femme et leurs enfants
Puis se sont donnés la mort après avoir mis le feu à leur maison
Une pure coïncidence et une maladie
Je suis loin d’approuver
Mais c’est un fait
Aujourd’hui peut-être encore un de plus
Et je ne sais rien de leur motivation en réalité
Extrapolation, projection, sublimation…
A force de se dire que demain ça ira mieux
Un mensonge dans un mensonge
Devient-il une vérité ?
J’essaye de penser à des choses agréables
Toi bourré, du haut de tes deux mètres, dans une soirée quelconque
Un verre à la main, tu te penches pour écouter une petite brune qui te sourie
Tu te penches trop vite et tu lui flanques un coup de boule
La fille t’insulte, toi tu te marres
Indescriptible, ça touche au sublime
On se regarde, voilà, tout est là.
Le lendemain, il faut qu’un ami te raconte l’incident, tu ne t’en souviens pas.
Voilà je vais dormir.
Tout va bien.
C’est seulement que j’ai finis la bouteille.
A bientôt.